Éditions Fradet
Reims


Dernière mise à jour :
5/5/2018

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Le Poilu Troglodyte
Chronique de la vie ordinaire
dans les tranchées de Champagne
et d’ailleurs en 14-18

par Dominique Fradet.





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Le Poilu, 18 avril 1915.





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"Un vrai Poilu de l'Argonne"
Dessin de Bils, sergent poilu
à la 73e division d'infanterie

Le Poilu,
10 mars 1915

Le Poilu, journal des tranchées
par Dominique Fradet


Journal humoristique, littéraire, artistique de la vie des Troglodytes conçu sur le front de Champagne à l’initiative du médecin-chef du 108e régiment d’infanterie territoriale, Aristide Vève, Le Poilu fut un des tout premiers canards à éclore dans les tranchées françaises en 14-18.

"SI NOUS FAISIONS UN JOURNAL ?"
Né de parents savoyards, mais parisien depuis belle lurette, grand voyageur – il avait été, paraît-il, à Londres, en Italie, en Amérique, il parlait cinq langues, le médecin-chef du 108e territorial, Aristide Vève, avait plein d’idées et pas mal d’humour. Or voici qu'un jour à la popote… «Le déjeuner s’achevait dans une douce et honnête gaîté, racontera-t-il. L’atmosphère bleu horizon, tel il convient à une table de chef de corps, s’alourdissait des volutes de fumée variées suivant qu’elles se dégageaient des cigarettes, cigares, pipes de chacun de nous, lorsque je lançai comme une boutade, cette phrase :
«— Si nous faisions un journal!
«Du tac au tac, notre colonel, qui présidait la popote, me répondit:
«— Je n’y vois pas d’inconvénient (1).»
Le docteur Vève ne se le fit pas dire deux fois. Restait à trouver des collaborateurs, quelques généreux donateurs, un imprimeur, à se familiariser lui-même avec un métier dont il ignorait à peu près tout. C'est que, dans son esprit, ce devait être un «vrai» journal. Il aurait beau être un journal de tranchées, ce serait un 4 pages grand format réalisé dans les règles de l'art.
On y trouverait des nouvelles, des poésies, des chansons, des saynètes, des bonnes blagues, des dessins humoristiques, etc. et ce serait l'œuvre de néophytes : «des primitifs de la plume, des naïfs de la pensée, des cubistes et futuristes de la fantaisie, des humoristes inédits du dessin», voilà ce qu'il fallait, se disait le médecin-chef du 108e territorial! Et de la gaieté surtout. Voilà ce dont on avait besoin dans les tranchées! On n’y parlerait pas politique, on n’y commenterait pas la guerre non plus.

LE "POILU" ?
Le journal aurait pour titre «Le Poilu». Le «poilu»? En tant que substantif, le mot, à cette époque, était inconnu de la plupart des Français. Mais pas inconnu toutefois dans les casernes ou les cantonnements où, depuis quelques années déjà, on commençait à entendre : «Mets quat' poilus à ta corvée», «Vous prendrez trois poilus pour faire la corvée de quartier.», etc (2). C'étaient chaque fois des gradés qui parlaient à leurs hommes ou de leurs hommes.
En somme, dans l'argot militaire, dans la bouche de certains officiers, mais d'un usage encore peu fréquent, le «poilu», c'était «l'homme de troupe» par opposition au «gradé». Mais déjà le docteur Vève avait cette intuition qu'il rapportera dans le premier numéro du Poilu daté du 15 décembre 1914 : «Et nous sommes sûrs que ce nom de «Poilu» restera aussi glorieux pour l’avenir et synonyme d’autant de courage que celui des “Vieux Grognards” de Napoléon ou des “Vieux Briscards” de l’Algérie.»


15 DÉCEMBRE 1914 : LA NAISSANCE DU POILU
Le numéro 1 avait de l'allure. L'imprimerie de l'Union Républicaine, à Châlons-sur-Marne, avait fait du bon travail. Mais le lecteur était prévenu : Le Poilu «paraîtra quand il pourra et où il pourra». Le numéro 1 avait de l'allure. L'imprimerie de l'Union Républicaine, à Châlons-sur-Marne, avait fait du bon travail. Le Poilu paraîtrait où il pourrait... Pour l'heure, son adresse, c’était «Les Tranchées - Secteur M-l.-P.», en clair Mourmelon-le-Petit. «Défendu aux Embusqués», pouvait-on lire aussi!
A l'intérieur, on trouvait un peu de tout. La saynète de la page 2 était l'œuvre d'un poilu, un certain L.Judenne. Elle était d'une actualité toute brûlante pour les hommes. C’était : «Le Premier départ des “Poilus” aux Tranchées» :

— L'Adjudant :
Allons, tout mond' dehors
On part en premièr' lign'...

En page 3, c'était une fable écrite «en collaboration avec La Fontaine» :

L'Allemagne ayant armé
Tout l'été…
Signée : INCONNU

La page 4 était occupée dans sa totalité par un «Journal de marche du 108e Régiment d'Infanterie Territoriale».  «J’entreprends très haute, très noble, très joyeuse tâche, commençait l'auteur, G. Sahuc, médecin auxiliaire du 1er bataillon : Je veux chanter les gaietés, les périls et la gloire des guerriers du 108e territorial, graver dans l’airain de l’Histoire le nom de tous ces Poilus.
La plupart de ces preux ne descendaient pas des croisés, les uns dévalaient de la Maurienne ou de la Tarentaise, les autres de la Chantaque ou de la Dent du Chat, les autres du Renard, du Nivolet, les autres descendaient de la Croix-Rousse ou du Gourguillon à Lyon, les autres ne descendaient de rien du tout pour l’irréfutable raison qu’ils venaient des plaines de Villesanne, du Dauphiné ou de la Drôme. Il en était même du Vaucluse…»
A la une, le «docteur Ève» – le «pseudonyme» que le docteur Vève avait choisi pour signer ses articles – traitait d'un sujet de la plus haute importance pour les poilus dans leurs tranchées : «Le Pou»! . Dans les numéros suivants, le docteur Ève entretiendra le lecteur de «cette nouvelle race – Le Poilu Troglodyte – qui vient de surgir du sol – tout en y restant enfoncé…»
En exergue de la page une — et le lecteur l’y retrouvera, toujours à la même place, tant que la guerre durera — un dessin représentait un coq gaulois terrassant l’aigle prussien devant la cathédrale de Reims embrasée. Le docteur Vève avait été séduit par ce dessin qu'était venu lui présenter un jour un agent de liaison du 108e, Frédéric Sauvignier....

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Campagne 1914... Le coq gaulois
terrassant l’aigle prussien devant la cathédrale de Reims embrasée.
Dessin de Frédéric Sauvignier,
poilu au 108e régiment
d'infanterie territoriale.
Le Poilu, 15 décembre 1914.




"Poilu Savoyard en Champagne,
à la recherche du vin
pour les camarades aux Tranchées",
Dessin de Frédéric Sauvignier,
Le Poilu, 10 mars 1915.


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"Le Périscope."
1er Poilu. — Qué que c'est que
cette machine ?

2ème Poilu. — C'est comme qui dirait
que j't'mets la tête au-dessus de la tranchée et que je te regarde par le trou du c...

Bils, sergent
poilu à la 73e division d'infanterie
Le Poilu,
31 mars 1915.


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Bande de sagouins !... les v'là

qui zigouillent su' l'pinard !!...

Bils, Le Poilu, septembre 1916.




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Perplexité de Piton.
— Connais pas ces Poilus là...
Russes, Serbes, Troupes Indignènes ??...
El. Branly, Le Poilu, 5 mai 1915.



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Marius fait son devoir...
"Veingez-nous !"
Crux, Le Poilu, septembre 1915.



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Origine des gaz asphyxiants.

Lt Beaumont, du génie, Le Poilu,
novembre 1915.



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Ah ! non, je ne joue plus, vous tirez
tout le temps dans la figure....
Gir, Le Poilu, mars 1916.
SUCCÈS IMMÉDIAT
  «Le numéro «un», pouvait bientôt se réjouir Aristide Vève, tira timidement à cinq mille : le numéro «deux» vaillamment à huit mille et le numéro «trois» victorieusement à douze mille (3).» Le Poilu était lancé. On parlait de lui dans la presse, dans Le Figaro, L'Écho de Paris, Le Cri de Paris, Le Progrès, etc.
Le mot «poilu» pour sa part commençait à se répandre à l'arrière où on lui prêtait d'ailleurs un nouveau sens, celui du «soldat combattant» par opposition à l'«embusqué». Le terme était imagé. Les journalistes l'affectionnaient...
Entre eux, les soldats continuaient à s'appeler «bonhomme», «gars», «mec», etc. Le mot «poilu» passait plutôt mal…  D'ailleurs, quand, à l'occasion, des journalistes, l'un «en chapeau mou et en cravate flottante», l'autre «en pardessus noir», s'aventuraient dans les tranchées, cela donnait sous la plume d'Henri Barbusse : «Ah! ah! fait le premier monsieur, voilà des poilus. Ce sont de vrais poilus, en effet.
» Des journalistes, quoi !... Finalement… en tant que substantif, «poilu» fera son entrée dans le dictionnaire de l'Académie française en 1986 avec cette définition : «Nom donné par les civils aux soldats français de la guerre de 1914-1918.»...

MARS 1915... Le docteur Vève pouvait être satisfait. Son canard – car Le Poilu était bien «son» canard – était de plus en plus lu et les collaborateurs de la première heure étaient toujours fidèles au poste, qu'il s'agisse du poilu Judenne, du lieutenant Poncet ou du docteur Sahuc à qui, en plus de son «Journal de marche», on devait maintenant un «feuilleton inédit vécu et écrit sur le front» intitulé «Le Puits de X…», etc. Les avait rejoints un peu plus tard «le plus vieux poilu du 108e territorial» dont la «Chanson de marche» parue dans la livraison du 10 mars 1915 avait produit la meilleure impression, le dernier couplet en particulier dans lequel le Chœur des Poilus jurait que «du Boche on aura la peau» avant d'entonner, pour finir, sur l'air de la Marseillaise :
Aux armes Savoyards !
En avant, les gaillards !
Frappons, frappons,
Nous leur foutrons,
Nos pieds dans le croupion !

En outre le docteur Vève pouvait maintenant se féliciter de compter dans son équipe des poilus comme des gradés venant d'autres régiments. Venant d'autres régiments territoriaux: un capitaine du 97e, «Un cul-de-jatte du 112e» et, toujours du 112e, le poilu caporal Léon, auteur compositeur notamment d'une chanson de marche tout à la gloire de la Territoriale: «Allons les vieux, etc.» ou encore le lieutenant Revol, auteur d'un article intitulé "Les Poilus Transatlantiques, le caporal Z… du 129e, etc. Venant d'autres armes aussi : P. Gonnet du 10e dragons, H. Gitton et F…. du 1er génie, le lieutenant poilu F.C. d'un régiment d'artillerie, etc.
Côté dessin humoristique, deux nouvelles signatures : Branly et surtout Harry – c'est lui qui signe au départ «Danilo» – qui deviendra un fidèle parmi le fidèles. Aristide Vève avait fait sa connaissance quand, un jour, poussé par la curiosité, il s'était rendu chez des «poilus non troglodytes» – un détachement du 5e génie en fait qui occupait dans les parages un train mystérieux à ses yeux. En 1918, il saluera «le trait nerveux, juste, finement observé et spirituel de ses dessins» et se réjouira d'apprendre que la revue Fantasio venait de se l'attacher comme collaborateur humoristique. Le jeune Harry était parti pour la gloire. Grâce à lui, qui l'avait croqué à plusieurs reprises, on sait en tout cas à quoi ressemblait le docteur Vève.
Et bien sûr ceux, officiers ou poilus, qui y allaient de leur coup de plume ou de leur coup de crayon pour le journal ne devaient pas s'attendre à être payés autrement qu'en «boîtes de singe»...

JUIN 1915...
Le lecteur était prévenu au départ. Le Poilu paraîtrait où il pourrait. De fait, après avoir déménagé dans le courant de l'hiver de Mourmelon-le-Petit aux Marquises, le voilà maintenant qui quittait la Champagne, pour «Les H…d…M…», les Hauts-de-Meuse en clair. Du coup, ce n’était plus l’expression «Journal des Tranchées de Champagne», qui figurait dorénavant à la une, accolée au titre, mais «Ex-Journal des Tranchées de Champagne» et ce serait bientôt  «Journal des Tranchées» tout court.

DÉCEMBRE 1915...
En décembre 1915, Le Poilu fêtait son premier anniversaire, tandis que, par décision du général commandant la Région Fortifiée de Verdun (R.F.V.), le docteur Vève, quarant-huit ans maintenant, passait à la Réserve du Personnel Sanitaire (R.P.S.). Deux mois plus tard, il était affecté au Centre de Réforme Faucher, à Bordeaux.
Le docteur Vève présidait toujours aux destinées de son «canard» qui là-bas continuait à barboter dans les tranchées de Champagne, de Lorraine et d'ailleurs, où poilus et officiers y allaient comme par le passé de leur coup de plume ou de leur coup de crayon, certains pour la première fois comme un certain I.P.K., comme le maréchal des logis A. Laphin, du 12e d’artillerie, etc. côté plume, ou comme Gir, Naudin, Guérin côté crayon. Sem , lui aussi, qui n'était ni poilu ni officier, mais qui couvrait la guerre pour Le Journal, gratifiera Le Poilu d'un dessin à l'occasion
Finalement, en janvier 1917, le docteur Vève repartait sur sa demande aux armées. Il sera dirigé sur la R.P.S. de Troyes et on le retrouvera bientôt sur le front de Champagne, où il sera nommé cette année-là médecin-chef de l'hôpital d'évacuation de Bouy.

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— Moi... un de ces jours,
 j'vas aboyer !
Sem, Le Poilu, juin 1916.




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C'est sûrement une femme
chic, y a plein de mots
que j' comprends pas.
Guérin, Le Poilu, septembre 1916.




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Croqué par Harry, le docteur Vève  en permission à Paris,
tout à sa surprise :

 "De loin les femmes ressemblent à des cloches qui déambuleraient..., à de coquettes cloches plissées, froncées,
aux godets épais... J’aimais mieux
la ligne. Quant aux chapeaux,
ce sont des «gratte ciel»".
Le Poilu, Avril 1916.



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"Verdun !"
Dessin du sergent Bils.
Le Poilu,
Mai 1917.





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En Popote. — Vingt sous d’amende
au premier qui dira M...

— Oh ! alors, si on ne peut plus causer...
Gir, Le Poilu, août 1917.







Juin 1917... De la gaieté, avait promis le docteur Vève. Promesse tenue. A l'arrière, la lecture du Poilu pouvait même donner l'impression qu'après tout on s'amusait bien sur le front…
Certes Le Poilu faisait la part belle à l'humour, au comique, mais on y trouvait aussi des textes qui n’avaient rien de comique, des poèmes par exemple qui étaient tout simplement beaux, émouvants. Il arrivait également au docteur Vève, et de plus en plus souvent, de parler de choses sérieuses et de façon sérieuse, de nos chefs qui nous conduiraient à la victoire, etc.
La guerre et son cortège d'horreurs n'en finissaient pas. Harry restait fidèle à lui-même, tout à son humour. Les poilus de Gir ou de Lenglen étaient toujours aussi truculents. Comme pouvaient l'être ceux de Bils dans les scènes du «Périscope», du «les v'là qui zigouillent même su' l'pinard!!», etc. Mais, du même Bils, on a aussi le poilu de «Verdun» avec son regard pathétique de l'homme accablé qui en a trop vu ou encore les «deux Six-Briscards» de 1918, ces «vagabonds de la guerre». Naudin lui-même donnait dans deux registres bien différents. Ses deux poilus aux baïonnettes, le «pépère» et le «bleuet», ont quelque chose de solennel. On est loin de son «Que ma femme y revienne à me faire manger du bouilli!!» ou de son «joli cadeau à faire à un enfant pour le jour de l'An!» ...
Le Poilu pouvait être sérieux à l'occasion, mais la Mort, qui était omni-présente sur le front, on n'en parlait pas ou presque pas. Du moins directement. Alors, quand soudainement elle fait irruption dans ses colonnes, sans crier gare, comme pour faire parler d'elle, elle n'en est que plus horrible. Elle est même terrifiante sous la plume du sapeur du 8e génie qui nous rapporte ce qu'il a vu – et senti – en un lieu où elle avait été à l'œuvre : c'est «Le chaos»...

NOVEMBRE 1918...
L'armistice. Le cessez-le-feu. Ce n'était dans la journée du 11 que volées de cloches et sonneries de clairons dans toute la France.
La guerre était finie. Le poilu allait pouvoir rentrer chez lui. C'était déjà en temps de guerre un héros. À l’arrière, même s’il y faisait plutôt désordre, il en imposait. «Une gérante d'hôtel appelait respectueusement un soldat : — “Monsieur le Poilu!”», rapportait Jean Psichari dans Le Figaro du 7 juillet 1918. Maintenant on allait le couvrir de fleurs. Mais qu'allait-il devenir? La guerre l’avait tellement changé!
Le Poilu avait changé lui aussi. On le trouvait aujourd'hui «dans tous les bons Théâtres, dans les Tranchées, dans les Kiosques du Boulevard, dans les Gares, dans les bons rayons de Librairie». Le «Journal des Tranchées» était devenu le «Journal du Front», et ce serait bientôt le «Journal fondé sur le Front». Et la mention «Défendu aux embusqués» avait disparu de la une.

1922 : LE DERNIER NUMÉRO
Finalement, Le Poilu publiera son dernier numéro en 1922 et son fondateur, Aristide Vève, disparaîtra à son tour en 1924. Il avait 57 ans.

(1) Le Poilu, Novembre 1915.
(2) Gaston Esnault, Le Poilu tel qu'il se parle, Editions Bossard, Paris, 1919, p. 427.
(3) Le Poilu, 15 janvier 1915.

Extraits de : Le Poilu Troglodyte de Dominique Fradet. © Editions Fradet, 2014. Tous droits réservés.
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— Dis donc, Riri ? tu peux servir
les haricots, v’là les Boches
qu’envoient les gaz...
Lenglen, 22e batterie,
artillerie lourde
Le Poilu, décembre 1917.