Éditions Fradet
Reims 


 

Reims 1000-1600
Six siècles d'événements

Daniel Pellus





15 août 1461 : le sacre de Louis XI
par Daniel Pellus

    Louis XI, fils de Charles VII et de Marie d’Anjou, est connu comme un personnage cynique et fourbe, mais il est aussi un homme réfléchi, rusé et intelligent. Il est donc normal qu’il ait tenu à donner à son sacre, le 15 août 1461, tout l’éclat qu’il souhaitait. Une façon d’affirmer son autorité après avoir été constamment en rébellion contre son père et les personnes qui dirigeaient les affaires du royaume.
   Dès la nouvelle de la mort de Charles VII, il se dirige en toute hâte vers Reims, la ville des sacres, avec une forte escorte de quelque 4000 Bourguignons. Arrivé à Saint-Thierry, il fait donner l’ordre aux officiers de Reims de venir lui présenter leurs compliments, et il leur fait part du programme des jours suivants. Dès son arrivée à Reims, l’archevêque et les gens d’Église devront venir le saluer et le remercier. On devra aussi lui remettre «révèremment» les clefs de la ville. Si un conflit éclate entre le peuple de Reims et la suite du duc de Bourgogne, Philippe le Bon, il fait savoir que le célèbre Tristan l’Hermitte sera chargé de repérer les meneurs du mouvement, en attendant toute mesure décidée par le roi.
   Louis XI fait son entrée à Reims le 14 août 1461 à quatre heures de l’après-midi «en une pompe fort éclatante». Ce jour-là, raconte dom Guillaume Marlot, «le duc de Bourgogne, suivi des comtes de Châlons, de Nevers, d’Étampes, du duc de Clèves, du comte de Saint-Pol et de plusieurs autres seigneurs, sortirent de Reims pour aller au devant de sa Majesté jusqu’à Saint-Thierry. Le roi était vêtu de damas blanc et rouge, et monté sur un coursier blanc, housse des armes de France, et entra par la porte Mars parmi les acclamations du peuple, les rues étant tapissées partout et semées de fleurs et d’herbes odoriférantes jusqu’au palais archiépiscopal.»
   Le lendemain 15 août, jour de l’Assomption, Louis XI est sacré par Jean Juvénal des Ursins, archevêque de Reims en présence du cardinal de Coutance, du patriarche d’Antioche, du légat du pape, de quatre archevêques, dix-sept évêques et sept abbés. Côté laïques, sont présents le duc de Bourgogne, le duc de Bourbon, le comte d’Angoulême, le comte d’Eu, le comte de Meaux et le comte de Vendôme.
   A la fin de cette cérémonie, Louis XI tire son épée du fourreau et la présente au duc de Bourgogne, le priant de le faire chevalier. Le duc accepte avec le sourire cet intermède non prévu au programme. Après quoi le roi donne l’accolade à cent dix-sept seigneurs.
   Le traditionnel festin se déroule dans une joyeuse ambiance. Pierre Chastelain, provincial des Cordeliers, raconte dans son journal comment Louis XI posa avec désinvolture sa couronne sur la table, tandis que le duc de Bourgogne, en pleine forme, distribuait des cadeaux et faisait état de sa fortune et des domaines qui étaient les siens.
   Louis XI se rendit ensuite à Saint-Remi où il s’inclina devant la Sainte Ampoule. Puis il quitta Reims par la porte Dieu Lumière, passa une nuit à Saint-Thierrry, et se dirigea vers Corbeny où il toucha les malades atteints d’écrouelles.

    Extrait de Reims 1000-1600 - Six siècles d'événements de Daniel Pellus. © Éditions Fradet, 2007. Tous droits réservés.





Le sacre des rois
de France à Reims