Éditions Fradet
Reims


Dernière mise à jour :
27/4/2018

Reims 1600-1800
Deux siècles d'événements

par Daniel Pellus













25 octobre 1722 : le sacre de Louis XV
par Daniel Pellus
  

    Louis XV, né en 1710, arrière-petit-fils de Louis XIV, a douze ans lorsqu’il vient se faire sacrer roi de France. Après s’être arrêté à Villers-Cotterets, Soissons et Fismes, il arrive à Reims où l’attendent les troupes de la maison du roi, qui ont campé près de la ville, et les régiments des gardes françaises et suisses, qui forment une haie sur son passage.
    Le roi est accueilli par le prince de Rohan, gouverneur de la Champagne, qui lui présente les clefs de la cité. Il est 15 heures lorsque le carrosse royal entre en ville, précédé de deux compagnies de mousquetaires. Le duc d’Harcourt est à cheval près de la porte du carrosse autour duquel marchent vingt-quatre valets de pied. Comme lors de chaque sacre, des arcs de triomphe ont été dressés de la porte de Vesle à la cathédrale. Les emblèmes et inscriptions qui y figurent ont un rapport avec la cérémonie du sacre du roi, et expriment la «joie universelle» que cause la présence de ce dernier dans la ville de Reims.
    A l’entrée de la cathédrale, le roi est accueilli par l’archevêque, le chapitre et plusieurs évêques. Il se met à genoux, baise le livre des Évangiles, puis va se placer sur un prie-Dieu au milieu du chœur et assiste à un Te Deum chanté pendant que retentissent au dehors les salves de l’artillerie de la ville.
    Au palais archiépiscopal, où il est logé, il reçoit les représentants du chapitre, du corps de ville, du présidial et de l’université. Le lendemain, accompagné des principaux seigneurs de la cour, il va entendre une messe dans l’église Saint-Nicaise, et le jour suivant dans l’église de Saint-Pierre-les-Dames.
    Le jour du sacre, le 25 octobre 1722, la cathédrale est ornée de belles tapisseries, et le grand autel est paré d’un ornement de drap d’argent galonné d’or, et chargé des armes de France et de Navarre en broderie, cadeau offert par le roi à l’Église de Reims. Dès six heures du matin, les invités arrivent et prennent place dans les tribunes, tandis que les évêques de Laon et de Beauvais sont priés d’aller chercher le roi.
    Commence la cérémonie du sacre, semblable, à quelques détails près, à celles des sacres de Louis XIII et de Louis XIV : l’arrivée de la Sainte Ampoule, les onctions, le couronnement, la grand-messe et le festin royal servi sur cinq tables, celle du roi étant placée devant la cheminée de la salle du Tau.
    Le lendemain, les régiments des gardes françaises et suisses se mettent en haie au bord des rues allant du palais archiépiscopal à l’église Saint-Remi, où le roi assiste à la messe avant de se recueillir devant le tombeau de saint Remi. Et le 27 octobre, Louis XV entend une messe dans l’église des Jésuites.
    Avant de quitter Reims, le roi visite l’abbaye des religieuses bénédictines de Saint-Étienne et, monté à cheval, il passe en revue les troupes dans le camp situé près de la route de Châlons, entre Reims et le village de Saint-Léonard. Le 29 octobre, il se rend à l’église Saint-Remi pour y commencer, devant la châsse de saint Marcoul que l’on a apportée de Corbeny, une neuvaine. Puis il va toucher plus de 2000 malades des écrouelles rangés dans les allées du parc de l’abbaye. Le même jour, le cardinal de Rohan se rend aux prisons de la ville et fait libérer les prisonniers (plus de 600) à qui le roi a accordé la grâce à l’occasion de son sacre.
    Le 30 octobre, il quitte Reims après avoir entendu une dernière messe dans la chapelle du palais archiépiscopal.

    Extrait de Reims 1600-1800 - Deux siècles d'événements  de Daniel Pellus. © Éditions Fradet, 2005. Tous droits réservés.








Le sacre des rois
de France à Reims




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Louis XV arrivant en vue de Reims
pour son sacre.
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