Éditions Fradet

 

 


Brassens
Didier Agid




A la découverte d'un autre Brassens


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Brassens c'est avant tout des célèbres pipes,
même s'il aimait aussi le cigare.


SOUVENIRS. Il y a 30 ans, le 29 octobre 1981, mourait Georges Brassens. L'occasion de redécouvrir le livre qui lui est consacré, édité par le Rémois Dominique Fradet. Son auteur, Didier Agid, sera cette semaine à Château-Thierry, Epernay et Reims pour dédicacer son ouvrage.

Brassens a déjà eu droit à tous les hommages. Les livres ne manquent en effet pas pour saluer l'homme et l'artiste dont cette fin du mois d'octobre marque deux anniversaires : celui de sa naissance voilà 90 ans, le 22 octobre 1921 à Sète, mais aussi celui de sa mort, il y a 30 ans, le 29 octobre 1981. Ces dates sont une double opportunité de se pencher sur un livre édité à Reims par Dominique Fradet.
Son auteur, Didier Agid, n'est pas un novice dans le monde de Brassens. « Ma passion pour Brassens remonte à la chanson pour l'Auvergnat, c'est le premier disque que j'ai acheté, explique l'écrivain. J'ai suivi la sortie de tous ses disques jusqu'à la fin, l'ai vu cinq fois sur scène. » L'idée du livre vient petit à petit. « Il y a une douzaine d'années, la fréquentation de plus en plus assidue de festivals Brassens m'a amené à réunir mes passions principales (Brassens, la lecture, la musique et les langues étrangères) dans une association et bricoler (je suis mon propre webmaster) son site www.georgesbrassens.fr. Les festivals m'ont permis de nouer d'amicales relations avec quelques proches de Brassens. Pour moi, Brassens était bien plus parent de La Fontaine et Verlaine que de ses contemporains chanteurs (Brel et Gainsbourg compris, ils l'ont dit eux-mêmes). »

Didier Agid choisit dans son ouvrage de mettre avant Brassens sous un angle jusque-là peu étudié, celui de mélodiste. « Le « son » Brassens est le résultat d'un processus qui met en jeu l'art du poète, l'art du mélodiste, l'art de l'interprète. Brassens était profondément agacé qu'on ne voit en lui qu'un poète, en méprisant sa musique. Il avait raison. » Didier Agid va ainsi décortiquer l'œuvre du chanteur sans tomber dans le people. « L'homme m'intéresse dans la mesure où la connaissance de sa vie permet d'expliquer l'œuvre, mais en ayant bien conscience que l'exercice a des limites. Par exemple, vouloir lier un personnage inventé par l'artiste (Margot, Hélène etc.) à une personne réelle c'est tenir la création pour peu de chose et ça conduit facilement (souvent) à du n'importe quoi. »

Un livre bien accueilli par les proches du chanteur

En fouillant l'œuvre de Brassens, Didier Agid découvre aussi de nouvelles facettes de l'artiste. « J'ai compris pourquoi à 20 ans, en dehors du blues, du jazz et du rock, je n'écoutais que du Brassens. C'est que Brassens est notre meilleur chanteur de blues, et c'est ce que j'explique dans mon livre. J'ai aussi constaté que je pouvais reprendre à mon compte cette phrase de Joel Favreau (son guitariste) : « Je me suis aperçu que l'homme était aussi grand que son œuvre ». Simple, généreux, désintéressé etc. C'est vrai. Gloser enfin interminablement sur la question de savoir s'il fut grand poète, grand musicien, voire grand philosophe ne devient possible que si l'on prend l'œuvre dans son ensemble. L'art de Brassens, c'est celui des troubadours, c'est la poésie chantée, expression que je préfère au mot « chanson » qui, hélas, recouvre trop de médiocrité. Ce n'est pas seulement une question de qualité. C'est une question d'approche dans la création. »

Si le livre est assez pointu, il n'en est pas moins facile à lire. L'accueil des spécialistes de Brassens a d'ailleurs été plus que positif. Les proches du chanteur aussi ont salué le travail de Didier Agid. Pierre Onténiente notamment. L'ancien homme de confiance de Brassens écoque ainsi « un petit livre d'une grande qualité, subtil, pudique, sans digressions et indiscrétions inutiles. Une très bonne vision de Georges, de son œuvre littéraire et musicale. D'une grande rigueur avec l'indispensable pointe d'humour ».

Grégoire Amir-Tahmasseb, L'Union, 23 octobre 2011.

Brassens, Didier Agid, éditions Fradet, 160 pages, 18 euros. Rencontres avec l'auteur le vendredi 28 octobre à Château-Thierry, de 14h30 à 17 heures, Toute la Presse, 20, Grande Rue. Le samedi 29 octobre à Épernay, à partir de 11 heures, Librairie L'Apostrophe, 15 bis, place Saint-Thibault, puis à Reims, de 16 à 18 heures, librairie Chapitre Guerlin, 70 place Drouet d'Erlon.