Éditions Fradet
Reims


Dernière mise à jour :
20/4/2018







 


C'était le front de Champagne en 14-18

    Juillet-août 1914 : bruits de guerre et mobilisation à Fismes. Quand, vers le milieu de juillet 1914, les bruits de guerre commencèrent à circuler, la plus grande partie de la population ne croyait guère à cette possibilité. Cette tranquillité fut troublée par l'interruption du voyage présidentiel; l'inquiétude augmenta quand on apprit le rappel nominal des derniers libérés. Aussi, dès la fin de juillet, les personnes prudentes se hâtèrent de faire des approvisionnements; plusieurs même songeaient au chauffage.     Le vendredi 31, le malaise s'accentua; les magasins furent plus assiégés que jamais; on venait d'apprendre que le service des messageries était arrêté. Le samedi matin, il en fut de même; les gens s'abordaient en se demandant des nouvelles, en signalant les jeunes gens rappelés. Ce même jour, à quatre heures, le tambour se fit entendre qui, plus encore que d'habitude, attira tout le monde aux écoutes. C'était l'ordre de mobilisation. Il se produisit chez les femmes une sorte d'affolement : «C'est la guerre, criaient-elles, c'est la guerre!»
    Le dimanche, premier jour de la mobilisation, furent affichées les mesures prises contre les étrangers et, les jours suivants, les trains qui avaient conduit les mobilisés repassaient en emportant vers le centre des individus de nationalités différentes, la plupart Italiens, qui avaient travaillé dans le bassin industriel de l'Est.
    Une garde civique fut organisée pour la police de la ville et fonctionna dès le 9 août; elle avait établi son poste principal dans une maison inhabitée, près de la porte de Paris, et envoyait deux hommes dans chaque quartier. C. M.
    D'après des notes prises au jour le jour sur des faits directement observés, des récits de témoins ou de personnes qui semblaient bien informées. Almanach Matot-Braine 1915-1917
    Extrait de :  Le Pays rémois dans les années 1900 de Jean-Pierre Procureur. © Ed. Fradet