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Être Arménien
en Turquie

Hrant Dink

Hrant Dink - Être armenien en Turquie - Le commentaire de Guillaume Perrier

Guillaume Perrier, lemonde.fr

Un recueil de treize éditoriaux et articles publiés dans Agos ces trois dernières années. Treize éclairs de lucidité et d’idéalisme, résumant parfaitement la pensée de Hrant Dink sur l’identité arménienne, la Turquie, le “vivre ensemble”…

“Je suis Arménien et citoyen turc” disait-il. Avec l’espoir de réconcilier les deux.

Il y a le fameux épisode du “sang empoisonné”, celui qui lui a valu une condamnation pour infraction à l’article 301. Ces propos honteusement déformés  qui lui ont attiré les foudres des fascistes turcs. Alors qu’il visait les Arméniens.

“Les Arméniens doivent se libérer de l’obsession du Turc” écrivait-il. Hrant Dink s’était mis à dos une partie de la diaspora après leur avoir conseillé de dépenser leur énergie à rebâtir l’Arménie, plutôt que de haïr les Turcs. Ce qui n’empêche pas ces mêmes personnes, aujourd’hui, de récupérer la mort de Hrant Dink. “La diaspora sera très contente de cette condamnation. Elle dira nous l’avions bien dit”.

Et puis le 17 janvier, deux jours avant de croiser Ogün Samast, il écrit:“Pourquoi ai-je été pris pour cible?” Il y raconte les larmes lors de son service militaire où, étant Arménien, il fut le seul à ne pas être promu sergent. Un Arménien ne peut être que troufion. Il y raconte l’article sur Sabiha Gökçen, la fille adoptive de Kemal, qu’il prétendait sortie d’un orphelinat arménien. Et la réaction officielle de l’Armée: “Ouvrir le débat sur un tel symbole est un crime contre l’intégrité nationale et la paix sociale”. Il y livre son sentiment prémonitoire: “2007 risque d’être une année plus difficile que les précédentes”. Il se disait prêt à quitter son pays si on l’y obligeait. Partir oui, mais pour aller où?

9 avril 2007