Éditions Fradet

 

 


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Être Arménien
en Turquie

Hrant Dink






Hrant Dink - Être armenien en Turquie - Le commentaire de Léa Chauvel-Lévy


En tant que citoyen et journaliste engagé, Hrant Dink a oeuvré toute sa vie pour que des réflexions communautaristes et nationalistes soient supplantées par une forme libre de “vivre ensemble” entre Arméniens et Turcs. Pour le combat loyal et exemplaire qu'il a mené par la plume, on a muselé celui qui prônait la plus grande tolérance. Assassiné le 19 janvier 2007, sa plus grande liberté lui a été pour finir volée. A l’heure où le débat sur l'adhésion de la Turquie est ravivé, le livre posthume de cet homme d'action et de pensée est essentiel. Il est effectivement indispensable de poser les jalons d'une discussion participative et efficiente.

Aussi, la lecture du livre ‘Etre arménien en Turquie’, par son éclairage didactique et limpide constitue-t-elle un point d'appui précieux. Il possède la richesse explicative, pédagogique et humaniste nécessaire à la structuration du débat aujourd'hui très vivace autour de deux questionnements majeurs : l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne et la reconnaissance du génocide arménien qui a eu lieu entre 1915 et 1917.

Pour cela, la forme que prend son exposé - courts articles assortis d'interviews est privilégiée. Hrant Dink établit un parallèle entre le génocide juif et le génocide arménien mais à la différence du peuple juif qui, grâce au pardon prononcé par les Allemands, est passé de “peuple élu de Dieu” à “peuple élu de l'humanité”, les Arméniens, eux, ne sont renvoyés qu'à leur espoir et leur lutte pour la reconnaissance du génocide. Orchestré par le gouvernement Jeunes Turcs de l'Empire ottoman, le génocide n’est pas reconnu par la république parlementaire qui refuse la qualification de génocide. Ce court ouvrage nous offre la possibilité de redécouvrir les grands principes de liberté et de justice démocratique.

Dans son essai, Hrant Dink appelle les voeux communs de toutes les couches de la population à entendre l’appel de l’ÖDP.

Léa Chauvel-Lévy, evene.fr