Éditions Fradet
Reims


Dernière mise à jour :
30/4/2018

 Le sacre des rois de France à Reims
  par Daniel Pellus

    Ils furent les premiers rois de France à être sacrés à Reims :
    Louis Ier le Pieux le 5 octobre 816,
    Charles III le Simple le 28 janvier 893,
    Robert 1er le 30 juin 922,
    Lothaire le 12 novembre 954.

    Ce furent ensuite...


Reims 1000-1600
Six siècles d'événements

Daniel Pellus



1059_sacre_philippe_ier_reims.jpg
Philippe Ier et sa famille.
BnF, , Manuscrits occidentaux,
Français 2813, f. 182
.


1180_sacre_philippe_auguste_reims.jpg
Couronnement de Philippe Auguste.
BnF, Manuscrits occidentaux,
Français 6465, f. 212v.


1223_sacre_louis_VIII_reims.jpg
Louis VIII le Lion et son épouse,
Blanche de Castille, sont couronnés
par l'archevêque Guillaume de Joinville,
en présence de Jean de Brienne,
roi de Jérusalem, du comte de Flandre,
de l'évêque de Beauvais, qui tiennent
respectivement la couronne de la reine,
l'épée et la dalmatique du roi,
des prélats et des barons du royaume.
BnF, Manuscrits occidentaux,
Français 6465, fol. 247v.


1226_sacre_louis_IX_reims.jpg
Arrivée et couronnement
de Louis IX à Reims.
Le roi rassemble
son armée
contre les rebellés.
BnF, Manuscrits occidentaux,
Français 2829, f. 7.



1271_sacre_phlippe_3_le_hardi.jpg
Couronnement de Philippe III le Hardi.
BnF, Manuscrits occidentaux,
Français 2608, f. 355v

.


1315_sacre_louis_X_le_hutin_reims.jpg
Couronnement de Louis X le Hutin.
BnF, Manuscrits occidentaux,
Français 2813, f. 339.


1317_sacre_philippe_V_le_long_reims.jpg
Couronnement de Philippe V le Long.
BnF, Manuscrits occidentaux,
Français 2608, f. 395v.


    14 mai 1027 : Henri 1er
    Henri Ier, né en 1008, a été sacré roi de France le 14 mai 1027 par l’archevêque Ebles de Roucy, «avec toute la pompe et la magnificence, écrit un chroniqueur, en semblable cas requis et où se rencontrèrent tous les grands du royaume».

    23 mai 1059 : Philippe Ier
    Philippe Ier, fils du roi Henri Ier et d’Anne de Kiev, est sacré roi de France en la cathédrale de Reims. La cérémonie, qui a lieu du vivant d’Henri Ier, est la première qui a lieu selon un rite qui désormais ne variera plus.
    Pendant la messe, avant l’épître, l’archevêque de Reims Gervais fait devant le jeune prince un exposé de la foi catholique et lui demande s’il veut la défendre. Le jeune roi, âgé de sept ans, répond que oui. On lui présente alors une déclaration qu’il lit à haute voix et signe sur l’autel. En voici le texte :
    «Moi, Philippe, par la grâce de Dieu, bientôt roi des Français le jour de mon sacre, je promets devant Dieu et ses Saints que je conserverai à chacun de vous ses droits et ses privilèges et que je vous défendrai avec l’aide de Dieu comme tout roi attaché à l’Église et aux évêques doit faire dans son royaume. Je promets de plus de rendre au peuple qui m’est confié une exacte justice, selon les lois et coutumes de chacun.»
    Les personnages les plus puissants du royaume assistent à la cérémonie : les archevêques de Sens et de Tours, les évêques de Soissons, Châlons, Laon, etc. et une foule d’abbés. Le duc d’Aquitaine, le duc de Bourgogne, les comtes de Vermandois, de Champagne, d’Anjou et d’autres sont aussi présents, ainsi que deux légats du pape. Mgr Gervais, dans une nouvelle allocution, affirme ses droits exclusifs de sacrer les rois depuis que saint Remi a sacré Clovis. Et il fait les onctions avec l’huile sainte de la Sainte Ampoule. Alors toute l’assistance, et la foule admise à entrer dans la cathédrale acclament le nouveau souverain : «Il nous plaît, nous le voulons, qu’il soit roi.»
    Philippe Ier régna d’abord sous la tutelle de son oncle Baudouin V, comte de Flandre. Devenu majeur, il va s’efforcer de reconstituer le domaine royal et s’empare au détriment de Guillaume le Conquérant du Vermandois, du Gâtinais et du Vexin français. En 1095, il sera excommunié pour avoir répudié sa femme, Berthe de Hollande, et enlevé Bertrade de Montfort, épouse du comte d’Anjou...

    25 octobre 1131 : Louis VII
    Philippe, son frère, étant décédé dans un accident, Louis VII fut sacré à Reims le 25 octobre. Le pape Innocent II, qui présidait alors à Reims un concile pour protester contre l’usurpation du trône pontifical par l’antipape Pierre de Léon, assista à la cérémonie avec tous les prélats du concile...

    1er novembre 1179 : Philippe II Auguste
    L’archevêque Guillaume de Champagne, dit Guillaume aux Blanches Mains, sacre en la cathédrale de Reims son neveu Philippe Auguste. La cérémonie est remarquable par sa magnificence, et par les divertissements offerts à la population à cette occasion : des joutes, des tournois, des combats. La noblesse est présente en foule, et la cour royale est magnifiquement traitée par l’archevêque, qui est obligé d’emprunter une forte somme aux chanoines de la cathédrale... Philippe Auguste a quinze ans le jour de son sacre...

    6 août 1223 : Louis VIII le Lion
    C’est le fils de Philippe Auguste et d’Isabelle de Hainaut, Louis VIII le Lion, né en 1187 à Paris, qui est sacré roi à Reims. Avant de devenir roi, il participa sous le règne de son père à d’importantes opérations contre l’Angleterre. Il battit notamment Jean sans Terre en 1214. Lorsqu’il devint roi – son règne ne dura que trois ans – il enleva aux Anglais le Poitou, la Saintonge, l’Angoumois, le Limousin, le Périgord et une partie du Bordelais...

    29 novembre 1226 : Louis IX
    Il a 12 ans lorsqu’il est sacré roi de France à Reims. Aussi Louis IX règne-t-il d’abord sous la régence de sa mère Blanche de Castille. Il gouverna seul le royaume à partir de 1242, jeta les bases du parlement et de la Cour des comptes, fit construire la Sainte Chapelle, la Sorbonne et les Quatre Vingts. Très chrétien, il se lança en 1248 dans la septième croisade, fut fait prisonnier en 1250 et libéré contre une forte rançon. En 1270, malgré l’opposition de son entourage, il entreprit la huitième croisade, mais mourut d’une maladie épidémique sous les murs de Tunis. Sa réputation de sainteté, d’intégrité et de vertu lui vaudra d’être canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII. Il devint alors dans l’histoire Saint Louis.

    15 août 1271 : Philippe III le Hardi
    C’est seulement le 15 août 1271 que le fils de Louis IX et de Marguerite de Provence, Philippe III le Hardi, roi de 1270 à 1285, est sacré à Reims. La même année, il réunit à la couronne le comté de Toulouse...

    6 janvier1286 : Philippe IV le Bel
    Sacré à Reims en 1285, Philippe IV le Bel était considéré comme un politique réaliste et retors. Sa femme Jeanne de Navarre lui apporta en dot la Champagne.

    24 août 1315 : Louis X le Hutin
    Le 24 août, Louis X le Hutin (hutin signifiait «le turbulent», «le querelleur»), fils aîné de Philippe IV le Bel, a été couronné et sacré à Reims par l’archevêque Robert de Courtenay.

    9 janvier 1317 : Philippe V le Long
    Philippe V le Long est sacré roi le 9 janvier par l’archevêque Robert de Courtenay, après la mort de son frère Louis X le Hutin et de son neveu Jean Ier qui n’a vécu que cinq jours. Pendant son règne, il mettra fin à la réaction féodale apparue sous Louis X et à l’impopulaire guerre de Flandre.

    21 février 1322 : Charles IV le Bel
    En 1322, c’est toujours l’archevêque de Reims Robert de Courtenay qui célèbre le sacre de Charles IV le Bel et de son épouse Marie de Luxembourg.

    29 mai 1328 : Philippe VI de Valois
    À la mort de Charles IV le Bel, c’est Philippe VI de Valois, frère de Philippe le Bel, qui fut roi de 1285 à 1304, qui est sacré roi de France en 1328. Il est le premier monarque de la dynastie des Valois, ou des Capétiens indirects. D’intelligence moyenne, aimant le faste, il est attiré surtout par les aventures chevaleresques.

    26 septembre 1350 : Jean II le Bon
    Jean le Bon est sacré par Mgr Jean de Vienne, archevêque de Reims, le 26 septembre, quinze jours après la mort de son père Philippe de Valois. La ville est alors dans un piteux état, après la terrible épidémie de peste noire, la mort d’une partie des membres de ses milices à la bataille de Crécy, et la petite guerre qu’un seigneur, Gilles de Rodemache, livre à Reims. La guerre de Cent  Ans, qui en est à sa onzième année, va perturber le règne du nouveau roi qui, vaincu en 1356 à Poitiers, sera emmené à Londres. Il reviendra en France après le traité de Calais, laissant deux de ses fils en otage. Il mourra en 1364 prisonnier des Anglais, après avoir pris la place de son fils Louis d’Anjou, qui s’était évadé.

    19 mai 1364 : Charles V le Sage
    Charles V le Sage a été sacré à Reims le 19 mai 1364, à l’âge de 27 ans, par Mgr Jean de Craon. Il possédait déjà une solide expérience puisque c’est lui qui avait assumé le gouvernement du royaume pendant la captivité de son père Jean II le Bon. C'est lui aussi qui négocia avec l’Angleterre la paix de Brétigny en 1360, et imposa la paix à Charles le Mauvais, roi de Navarre, avec l’aide de Du Guesclin. Son règne contrasta heureusement avec celui de son père. Assez débile de complexion, à la suite de maladies, il sut cependant mener, avec son conseil, une politique prudente dans une France qui commençait à renaître. Il y avait certes encore des bandes d’Anglais dans le pays, qui allaient de défaites en défaites. L’alerte la plus sérieuse eut lieu en 1366 lorsqu’une forte armée anglaise arriva aux portes de Reims, qu’elle songea un moment à assiéger, mais y renonça, tant était encore vivace la courageuse résistance des Rémois en 1359...

    4 novembre 1380 : Charles VI
    Charles VI n’avait que douze ans lors du décès de son père Charles V. Il gouverna donc sous la tutelle de ses oncles qui dilapidèrent le Trésor et provoquèrent des révoltes par la levée de nouveaux impôts. Le sacre du jeune roi eut lieu à Reims le 4 novembre 1380. Une cérémonie brillante que l’historien Anquetil décrit ainsi : «L’affluence de la noblesse fut si grande que les salles de l’archevêché, quoique très vastes, ne se trouvèrent point suffisantes. On éleva dans la cour une estrade où fut placée la table du roi, et deux autres à droite et à gauche pour les pairs ecclésiastiques et laïques. Le connétable et les maréchaux de France, à cheval, portaient les plats et firent les honneurs du festin. C’était un reste de l’ancien usage pratiqué sous la seconde race par les grands officiers de la couronne, qui faisaient leur service à cheval...» En 1388, le jeune roi, qui n’avait jusque-là aucune part dans les affaires du royaume, décida de se débarrasser de cette tutelle dangereuse pour lui et pour son peuple. Il revint avec sa cour à Reims, une ville plus sûre parce qu’elle était toute dévouée au pouvoir royal. Il réunit un grand conseil au cours duquel il remercia ses oncles et fit savoir que désormais il gouvernerait lui-même. Les duc de Bourgogne et de Berry s’inclinèrent et retournèrent dans leurs régions. Ils furent remplacés par les Marmouzets, anciens conseillers de son père. Les fonctionnaires furent changés, la situation financière rétablie, et une trêve de trois ans conclue avec l’Angleterre. Le roi quitta alors Reims. Mais la dernière partie de son règne fut plus triste. Le 5 août 1392, il sombra dans la folie, et son royaume commença à être déchiré par la rivalité des Bourguignons et des Armagnacs, qui correspondit avec l’époque du grand schisme entre le pape Benoît XIII d’Avignon et le pape Boniface de Rome. Charles VI est mort en 1422, soigné par des astrologues et des sorciers médecins, dont deux étaient des moines.

    17 juillet 1429 : Charles VII   
    En France le sacre d’un roi doit avoir traditionnellement lieu un dimanche. Or l’arrivée du cortège royal et de Jeanne d’Arc à Reims se passe un samedi. Il est donc décidé que celui de Charles VII sera célébré dès le lendemain, le 17 juillet 1429. On ne voulait pas attendre une semaine pour des raisons politiques et stratégiques évidentes. Cette précipitation est surtout voulue par Jeanne d’Arc qui, au moment où elle atteint le point culminant de ce qu’elle considère comme sa «divine mission», craint un revirement du «faible roi» ou de ses trop habiles conseillers... Lire la suite...

    15 août 1461 : Louis XI
    Louis XI, fils de Charles VII et de Marie d’Anjou, est connu comme un personnage cynique et fourbe, mais il est aussi un homme réfléchi, rusé et intelligent. Il est donc normal qu’il ait tenu à donner à son sacre, le 15 août 1461, tout l’éclat qu’il souhaitait. Une façon d’affirmer son autorité après avoir été constamment en rébellion contre son père et les personnes qui dirigeaient les affaires du royaume... Lire la suite...

    30 mai 1484 : Charles VIII
    Lorsque Louis XI mourut, le 30 août 1483, son fils Charles n’avait que 13 ans. Sa sœur aînée, Anne de France, de neuf ans plus âgée, devint la régente, et le sacre de Charles VIII n’eut lieu à Reims que l’année suivante, le 30 mai 1484. Le jeune roi fut ému en constatant l’état de la cathédrale qui avait souffert d’un terrible incendie trois ans plus tôt, en 1481. Il abandonna une partie de ses droits sur les sels pour aider aux réparations, et exempta les habitants de dix ans d’impôts. Le lendemain de la cérémonie du sacre, il visita Reims avec sa sœur avant de se rendre à Corbeny où, selon la tradition, il imposa ses mains nues sur six malades.

   27 mai 1498 : Louis XII
   Charles VIII étant mort sans laisser d’enfant, c’est le duc d’Orléans, Louis XII, qui est sacré le 27 mai 1498 par le cardinal Guillaume Briçonnet. En devenant roi, il réunit au domaine royal ses duchés d’Orléans et de Valois.

    25 janvier 1515 : François Ier
    François Ier a été sacré le 25 janvier 1515 par l’archevêque de Reims Robert de Lenoncourt. La cérémonie se déroula selon le rite coutumier. Le règne de ce roi fut marquée par la guerre contre Charles Quint, qui mit un moment le diocèse de Reims en péril, et par la transformation de l’histoire administrative de la ville, qui se trouvait jusqu’alors dans la juridiction du bailliage du Vermandois, dont le chef-lieu était Laon. 1523 vit la création à Reims d’un siège royal composé d’un lieutenant pour le civil et le criminel, d’un procureur et d’un avocat du roi, d’un enquêteur, d’un garde des sceaux, d’un prévôt forain, d’un tabellion, de quatre notaires et de deux sergents. C’est également sous le règne de François Ier que fut créée la célèbre compagnie des arquebusiers, qui devint rapidement la plus considérable du royaume.

    26 juillet 1547 : Henri II
    Agé de vingt-huit ans, Henri II,  fils de François Ier, est sacré roi de France. Son entrée à Reims, le 26 juillet 1547, se déroule avec toute la pompe habituelle. Le cortège royal est précédé de cent archers de la ville vêtus de la livrée noir et blanc, des nobles et officiers de Reims, de cent Suisses armés d’épées et de hallebardes. Viennent ensuite les gentilshommes de la maison du roi, douze hérauts représentant les provinces tenues par le roi, et les princes montés sur de beaux chevaux. Le roi suit, chevauchant, sous un dais porté par quatre officiers, un beau coursier carapaçonné de velours noir brodé et ferré d’argent. Il passe sous un arc de triomphe surmonté d’une boule grande comme une mappemonde qui est descendue à terre et d’où sort une jeune fille qui se prosterne devant le roi et lui remet les clefs de la ville. Plus loin, un second arc de triomphe à trois portes est surmonté d’une galerie avec sept fenêtres où apparaissent des dames et un chevalier représentant les vertus attribuées au roi : l’Espérance, la Noblesse, la Renommée, la Justice, l’Équité, l’Amour, l’Intelligence, la Sagesse, etc. Sur le parcours menant à la cathédrale, tous les métiers sont représentés, groupés derrière de longues torches en cire.
    Le roi est accueilli à l’entrée de la cathédrale par l’archevêque, puis conduit à l’autel où il dépose une offrande : une petite statue en argent doré du Christ quand il ressuscite et sort de son sépulcre. Après les vêpres, il se retire dans sa chambre au palais archiépiscopal, puis revient à la cathédrale avec l’archevêque pour prier et se confesser.
    Le lendemain se déroulent les cérémonies du sacre et du couronnement, qui durent sept heures, et sont suivies du traditionnel banquet. Avant de quitter Reims, le roi se rend à l’hôpital de Saint-Marcoul pour toucher les malades des écrouelles, qui l’attendent nombreux.
    Henri II épousera en 1553 Marie de Médicis et régnera pendant douze ans, partagé entre l’influence de l’entourage italien de sa femme et les intrigues des Guise, des Coligny et de Diane de Poitiers, sa maîtresse. En I559, il finira mortellement blessé dans un des derniers tournois.

   21 septembre 1559 : François II
   Après la mort du roi Henri II, mortellement blessé dans un tournoi, le jeune Dauphin, devenu roi de France sous le nom de François II, sera sacré à Reims le 18 septembre 1559. Ce jour-là, le duc de Guise est le second des pairs laïcs, et c’est son frère le cardinal de Lorraine qui posera la couronne sur la tête de son neveu. Marie Stuart assiste à la cérémonie, vêtue d’une grande robe «de toile d’argent frisée», marchant sous un dais de velours rouge à franges d’or. Elle attire tous les regards.
   Le bonheur de Marie Stuart va être de courte durée. Lorsqu’elle arrive à l’abbaye de Saint-Pierre-les-Dames, en 1560, elle est accablée par deux deuils. Celui de son mari, le roi François II qui, de santé fragile, est mort après dix-huit mois de mariage. Et celui de sa mère Marie de Guise, morte à Édimbourg à l’âge de 45 ans. Marie Stuart a fait transporter sa dépouille à l’abbaye Saint-Pierre-les-Dames de Reims, où elle est inhumée dans le chœur de l’église, et dont elle fait pour elle-même le refuge de son veuvage.

   5 mai 1561 : Charles IX
   Sacré roi  à l’âge de 11 ans, Charles IX était un personnage plein de contrastes, aimant la musique et la poésie, mais colérique et passionné pour la chasse. Il avait aussi le goût du travail manuel et voulait être armurier...

    13 février 1575 : Henri III
    Le 11 février 1575, Henri III fait son entrée à Reims, où il doit être sacré. Il est accueilli à la porte de Vesle, ornée des armoiries de la ville et de nombreuses fleurs de lis, sur l’inscription en lettres d’or : «Dieu en soit garde». Une belle jeune fille montée sur un chariot, accompagnée de deux petites filles habillées à l’ancienne représentant la Paix et la Concorde, lui présente les clefs de la ville... Lire la suite...

    Extraits de Reims 1000-1600 - Six siècles d'événements de Daniel Pellus. © Éditions Fradet, 2007. Tous droits réservés.

1328_sacre_philippe_VI_reims.jpg
 Couronnement de Philippe VI
de Valois. BnF, Manuscrits
occidentaux,

Français 2813, f. 353v.


1350_sacre_jean_le_bon_reims.jpg
Couronnement de Jean II Le Bon.
Funérailles de Philippe VI de Valois.

BnF, Manuscrits occidentaux,
Français 2663, f. 171.



1380_sacre_charles_VI_reims.jpg
Le couronnement de Charles VI.
BnF, Manuscritsoccidentaux,
Français 2596, f. 5.



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1429_sacre_charles_VII_reims.jpg
Couronnement de Charles VII
par l' archevêque de Reims.

17 juillet 1429.
BnF, Manuscrits occidentaux,
Français 5054, f. 63v.



1544_francois_Ier.jpg
François, premier de ce nom,
roy de France.
Bibliothèque municipale
de Reims, V-I-i-01
BMR06-188.



1547_henri_II.jpg
Henri II, alors duc d'Orléans,
par François Clouet.
Bibliothèque municipale
de Reims, H-III-058
BMR36-317


1547_henri_II_touchant_les_ecrouelles_corbeny.jpg
Henri II touchant les écrouelles
au prieuré de Corbeny
après son sacre.
BnF, Manuscrits occidentaux,
Latin 1429, f. 107v.



1561_charles_IX.jpg
Portrait de Charles IX à 12 ans.
D'après François Clouet. XVIe s.
BMR.



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Reims 1600-1800
Deux siècles d'événements

Daniel Pellus




1775_garde_du_roy.jpg

Le Couronnement de Louis XVI :
   L’habillement du Capitaine
des Cent Suisses de la Garde du Roy,
François-César Le Tellier.
BMR.


    17 octobre 1610 : Louis XIII
    Louis XIII sacré roi à l’âge de neuf ans. Après la mort tragique d’Henri IV, la reine mère, Marie de Médicis, décide de ne pas attendre la majorité de son successeur, Louis XIII, âge de neuf ans, pour le faire sacrer et couronner roi de France. La date de la cérémonie est fixée au 17 octobre 1610.
    Le roi quitte Paris le 13 octobre, accompagné de sa mère, des princes du sang et des principaux officiers de la couronne. Il passe une nuit à Fismes et entre à Reims le lendemain Il est accueilli par les membres du clergé, de l’université, du conseil de ville, de mille bourgeois en armes, de cent jeunes hommes portant la pique, des archers et de Suisses vêtus de velours bleu et blanc. Le cortège royal entre dans la ville, dont les rues sont ornées de tapisseries. Le roi est accueilli par une nymphe montée sur un chariot tiré par deux chevaux blancs. La jeune fille s’incline par trois fois, descend du char et vient à genoux offrir à Louis XIII les clefs de la ville... Lire la suite...


    7 juin 1654 : Louis XIV
    Lorsque le roi Louis XIII meurt, le 14 mai 1643, son fils, appelé à lui succéder, n’a que cinq ans. Trop jeune pour être sacré roi de France. La régence est assurée par sa mère, Anne d’Autriche, et par le cardinal Mazarin. Le futur Louis XIV devra attendre l’âge de seize ans pour être sacré et couronné. Reims, ville des sacres, attend avec impatience cette cérémonie, l’une des plus grandioses et des plus appréciées depuis des siècles dans la cité, et apprend que sa date est fixée au 7 juin 1654. La Ville fait aussitôt un emprunt de 18000 livres, bientôt suivi par un second de 4000 livres. Le siège épiscopal de Reims étant vacant, c’est l’évêque de Soissons, Mgr Simon Legras, qui sera appelé à présider la cérémonie du sacre... Lire la suite...

    25 octobre 1722 : Louis XV
    Louis XV, né en 1710, arrière-petit-fils de Louis XIV, a douze ans lorsqu’il vient se faire sacrer roi de France. Après s’être arrêté à Villers-Cotterets, Soissons et Fismes, il arrive à Reims où l’attendent les troupes de la maison du roi, qui ont campé près de la ville, et les régiments des gardes françaises et suisses, qui forment une haie sur son passage.
    Le roi est accueilli par le prince de Rohan, gouverneur de la Champagne, qui lui présente les clefs de la cité. Il est 15 heures lorsque le carrosse royal entre en ville, précédé de deux compagnies de mousquetaires... Lire la suite...

    11 juin 1775 : Louis XVI
    Pour la seconde fois en ce XVIIIe siècle, les Rémois vont vivre un événement exceptionnel : le sacre d’un roi, Louis XVI. La ville a retrouvé sa parure de fête. Pour accueillir le jeune roi, on a dressé à l’entrée de la cité, là où doit se dérouler la traditionnelle remise des clés, deux figures colossales représentant la Justice et la Piété. Plus loin, au bout de la rue du Bourg-de-Vesle, un arc de triomphe est édifié près de la porte aux Ferrons, une vieille porte qui existait à l’emplacement de l’actuel théâtre et sera démolie après le sacre. Pour la seconde fois en ce XVIIIe siècle, les Rémois vont vivre un événement exceptionnel : le sacre d’un roi, Louis XVI. La ville a retrouvé sa parure de fête. Pour accueillir le jeune roi, on a dressé à l’entrée de la cité, là où doit se dérouler la traditionnelle remise des clés, deux figures colossales représentant la Justice et la Piété... Lire la suite...

    Extraits de Reims 1600-1800 - Deux siècles d'événements  de Daniel Pellus. © Éditions Fradet, 2005. Tous droits réservés.

1610_sacre_couronnement_louis_XIII_reims.jpg

Le sacre et couronnement du Roy
très chrestien Louys XIII Roy
de France et de Navarre.
BMR.



1722_louis_15_reims.jpg
Louis XV arrivant en vue de Reims.












Reims 1800-1900
Un siècle d'événements

Daniel Pellus


1825_sacre_charles_X_reims_1.jpg
L’arrivée de Charles X
devant la cathédrale de Reims.
Dessin de Chapuy
BMR.




    29 mai 1825 : Charles X
    Le dernier sacre d’un roi : contrairement à Louis XVIII, Charles X accepte avec empressement de respecter la tradition royale en se faisant sacrer à Reims.
    Le 27 mai, le roi arrive à Fismes, où il va passer la nuit. Il est accueilli par le préfet, Bourgeois de Jessaint, et les autorités de la région. Le lendemain, Charles X et sa suite entrent à Reims par la porte de Vesle, où le maire Ruinart de Brimont lui remet les clefs de la ville. Il est accueilli ensuite à la cathédrale par l’archevêque de Reims, Mgr de Latil, assiste aux vêpres, et se rend à l’appartement aménagé à la hâte dans l’ancien archevêché. Les tribunaux ont été transférés à l’hôtel de ville, la gendarmerie et la prison dans les dépendances de l’Hôtel-Dieu, rue Tronson-Ducoudray. Dans l’ancien jardin du palais, partagé en trois cours pour la promenade des prisonniers, les murs ont été démolis, le sol nivelé et planté d’arbres et de plantes en un temps record. Pendant des semaines, maçons, charpentiers, peintres et tapissiers se sont succédé dans l’archevêché. Les travaux ont été rondement menés, et les chambres destinées au roi et à sa famille sont richement meublées. Le roi félicite l’architecte Mazois, qui a dirigé les travaux : «Je suis ici comme aux Tuileries», lui dit-il.
    La journée du 29 mai est celle du sacre. Devant la cathédrale, on a dressé un porche de style soi-disant gothique parsemé d’étoiles d’or sur un fond bleu ciel. A l’intérieur, on a construit une double rangée de tribunes surmontées de grandes toiles représentant les rois de France. Les chapiteaux des piliers sont couronnés de trophées d’armes. Des gradins sont disposés dans les transepts et dans le chœur. Une estrade, ou jubé, d’une facture plus moderne, s’élève en face de l’autel. C’est là que le roi et son entourage immédiat prendront place. Le décor somptueux, les tentures, les broderies et la lumière donnent à la cathédrale l’aspect d’un théâtre...
    Conformément à la tradition, la cérémonie est précédée de la «quête du roi». Les cardinaux de Clermont-Tonnerre et de la Fare, ce dernier archevêque de Sens, vont chercher le roi au palais archiépiscopal. Le cortège se rend au portail de Notre-Dame par une longue galerie de bois. Dans la cathédrale, le cérémonial traditionnel est respecté. Après la prestation de serment, le roi reçoit les insignes militaires, puis l’onction de la Sainte Ampoule, enfin les insignes royaux : le sceptre, la main de justice et la couronne. Alors Charles X est conduit à son trône placé sur le jubé, d’où il domine la foule qui emplit l’église.
    La cérémonie du sacre a duré trois heures et demie. Lorsqu’elle s’achève, trois salves de mousqueterie sont tirées sur la place du parvis par l’infanterie de la garde royale. L’artillerie y répond des remparts de la ville et les cloches sonnent à toute volée.
    Au cours du festin royal servi dans la salle du Tau, le cardinal de Clermont-Tonnerre souligne le triomphe du catholicisme. S’adressant au roi, il déclare : «L’auguste cérémonie du sacre de votre majesté a répandu la joie et le bonheur dans tous les cœurs français. Elle est encore le triomphe de la religion. Pour la première fois depuis un quart de siècle, cette religion sainte vient de consacrer d’une manière solennelle la destinée de la France...» Réponse de Charles X : «Tout ce que je ferai pour la religion, je le ferai pour le bonheur de mon peuple.»
    Cette pompe monarchique et cléricale  rappelant l’Ancien Régime a choqué  certains royalistes conscients que l’esprit public a changé depuis trente ans. Chateaubriand lui-même, pourtant réputé comme le plus éminent des royalistes, sort furieux de la cathédrale. «J’aurais compris le sacre tout autrement, aurait-il dit, selon le témoignage de Victor Hugo. L’église nue, le roi à cheval, deux livres ouverts, la Charte et l’Évangile, la religion rattachée à la liberté. Au lieu de cela, nous avons eu des tréteaux et une parade!»
    Si le sacre fut applaudi par la cour et ses partisans, et par les autorités rémoises, certaines critiques furent aussi émises par des libéraux, même catholiques, ainsi que par les anciens soldats et fonctionnaires de Napoléon, choqués de voir le roi s’agenouiller et se prosterner devant l’archevêque et ses assistants. Une attitude qui, selon eux, prouve que le roi est plus dévoué aux intérêts de l’Église qu’à ceux de l’État et du pays.
    Le roi est resté deux jours à Reims. Le 30 mai, il assiste à la cathédrale à la réception de l’ordre du Saint-Esprit. Le 31, il se rend à l’hôpital Saint-Marcoul et touche 12 malades des écrouelles, assiste à une revue de troupes près de la commune de Saint-Léonard et visite dans les Promenades l’exposition des produits de l’industrie départementale. Pendant ces deux jours, la ville est illuminée et des bals improvisés pour le peuple. Mais la ferveur populaire n’est plus celle qui caractérisait les anciens sacres. La Révolution et l’Empire sont passés par là...

    Extrait de Reims 1800-1900 - Un siècle d'événements de Daniel Pellus. © Éditions Fradet, 2003. Tous droits réservés.



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L’entrée de Charles X
dans la cathédrale
de Reims.
BMR.


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Le couronnement
de Charles X
.
BMR.



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La sortie du roi.
Dessin de Chapuy.
Lith. Deroy.
BMR.